Le système solaire est composé de planètes, de comètes et de nombreux astéroïdes. Grâce aux caméras CCD, très sensibles à la lumière, il est possible d'atteindre des magnitudes très faibles. La photographie astronomique devient alors particulièrement passionnante.
Durant la nuit du 7 au 8 mars 2000, quelques membres du club de Rimouski se sont rendus à l'observatoire pour photographier des galaxies de la constellation de la Vierge. Nous nous sommes arrêtés sur M100, une galaxie du catalogue de Messier.
La galaxie M100

Pour diminuer la granularité, ou bruit, des images CCD, nous avons additionné quatre photographies de cinq minutes afin d'obtenir une image plus uniforme. En comparant les quatre images, nous avons découvert qu'un objet très faible se déplaçait vers le nord.


Après avoir augmenté fortement la brillance, le mouvement devenait plus visible. Il est possible de vérifier sur Internet si un objet connu était présent dans cette partie du ciel. Après vérification auprès du Minor Planet Center, aucun objet n'était répertorié à cette heure et à cet endroit.
Il pouvait donc s'agir d'un nouvel astéroïde ou d'un objet précédemment découvert dont on avait perdu la trace. Les jours suivants, le ciel couvert nous a empêchés de reprendre des images de la région. Or, le Minor Planet Center demande de suivre un astéroïde sur plusieurs jours afin d'établir son orbite avec précision.
Grâce à une collaboration internationale entre Luc Bellavance, de Rimouski, Denis Bergeron, de Hull, et Jean-Claude Pelle, de Tahiti, nous avons pu déterminer les éléments orbitaux de l'objet. Il porte maintenant le nom de 2000 FQ10.
Cet astéroïde mesure probablement quelques dizaines de mètres et suit une orbite très inclinée par rapport au plan des planètes. Les observations suivantes ont servi à raffiner les éléments permettant de préciser son orbite.
Éléments orbitaux

Simulation du déplacement — 8 mars 2000
Avec les éléments orbitaux et un logiciel d'astronomie, il est possible de connaître la position de l'astéroïde à n'importe quel moment. Les simulations suivantes peuvent être comparées aux photographies CCD : les principales étoiles sont facilement reconnaissables.

Caméra CCD

Simulation du déplacement — 7 avril 2000
Ordinateur — THE SKY

Caméra CCD
